Du Rififi en Russie

Le 4 décembre 2011 ont eu lieu les élections législatives en Russie, Oui vous en doutiez peut-être, mais il reste un soupçon de démocratie dans l'ex-URSS. Le parti hégémonique Russie Unie du président éclair Dimitri Medvedev et du premier ministre tout puissant Vladimir Poutine qui avait fait élire deux tiers des députés de la Douma (parlement russe) en 2007 était archi favori et les élections jouées.
Surprise, le soir des élections, Russie Unie subit une chute de 15 points et perd même la majorité absolue:

  Selon les résultats officiels le premier parti d'opposition, le Parti Communiste obtient près de 20% des voix tandis que Russie Juste (centre-gauche) et le Parti Libéral Démocrate (extrême droite) sont également en hausse avec entre 10% et 15%, le parti libéral Iabloko (centre droit) ne décole pas avec 3%.
Dès la proclamation des résultats officiels des accusations de fraudes pleuvent avec des bulletins déjà dans les urnes avant même l'ouverture des bureaux de vote ou des scores variant du simple au double pour Russie Unie d'un bureau de vote à l'autre, avec observateurs ou non. Sans trop se mouiller on peut donc affirmer que ces résultats ne sont "légèrement faussés". Voilà ceux estimés par l'Observateur citoyen:


Ici, Russie Unie n'atteint même pas le tiers tandis que la gauche (Parti Communiste et Russie Juste) cumulerait entre 40% et 45% des voix. Iabloko triplerait même son score.


Dès le 5 décembre, des manifestations se multiplient à travers la Russie et avec elles les arrestations des opposants. La démocratie apparaît donc limitée au yeux du monde entier.

Le 10 décembre ce sont des dizaines de milliers de Russes qui descendent dans la rue pour contester ces élections qui devaient représenter une rampe de lancement pour la présidentielle de 2012 et Vladimir Poutine candidat officiel de Russie Unie.

On peut expliquer ce revers électoral d'une part par l'impossibilité pour l'actuel gouvernement du duo Medvedev-Poutine de résoudre la crise dans un pays à deux vitesses où les inégalités et la pauvreté ne cessent de grandir depuis la fin du communisme et d'autre part par l'hypermédiatisation de l'ex-président, actuel 1er ministre et futur (à nouveau) président qui anticipe son retour au pouvoir (pour 12 ans) avant même la tenu des élections et de ce fait, méprise le choix du peuple Russe.
L'ovation espérée ne se transforme t'elle pas en cauchemar pour Russie Unie et Poutine à 3 mois de nouvelles élections qui risquent d'être une sanction pour un pouvoir central corrompu et tout puissant ?

Léo Bousquet

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